question : les étudiants salariés ?

 

 

Question de Vincent Simon :

Quels dispositifs mettre en place pour accompagner aux mieux les étudiants salariés ?

 

Réponse :

Merci, Vincent, pour cette question.

La question des étudiants salariés relève de plusieurs niveaux d’action, que ce soit sur le plan des aménagements d’études, sur le plan de l’accompagnement individuel ou sur le plan de la reconnaissance des acquis professionnels dans le cadre du cursus.

 

Concernant les aménagements d’études, nous devons en général aujourd’hui dresser un bilan des différents dispositifs existant pour diverses catégories d’étudiants : étudiants sportifs de haut niveau, étudiants artistes de haut niveau, étudiants salariés, usagers en reprise d’étude, usagers en situation de handicap, etc. Pour chacune de ces catégories, un dispositif spécifique existe, mais on note parfois un manque de coordination dans les actions et le défaut d’une vision d’ensemble : si bien des collègues, enseignants comme BIATSS, se dépensent sans compter pour organiser ces différentes formes d’aménagement, c’est souvent dans la difficulté et sans pouvoir toujours s’appuyer sur une politique globale claire d’accompagnement. De même, parfois, les étudiants se trouvent démunis face à la forêt de dispositions et de critères parfois difficiles à réunir pour bénéficier de tel ou tel dispositif.

C’est pourquoi j’ai l’intention de lancer, une fois élu, des Etats généraux de la diversité des publics, permettant d’une part de faire le point, avec les collègues mais aussi avec les étudiants et leurs représentants, sur les dispositifs existant et sur les pistes d’amélioration à envisager. Dans l’idéal, ces Etats généraux pourraient se conclure par des Assises de la Pédagogie 2017 qui seraient justement consacrés à la diversité des publics.

 

Concernant l’accompagnement individuel, le salariat étudiant correspond le plus souvent à une nécessité sociale, dans le cadre d’une politique nationale de bourses qui n’est plus adaptée aujourd’hui à la situation des étudiants ni à l’objectif de démocratisation de l’enseignement supérieur. Tout en revendiquant, à notre niveau, une profonde réforme du système national, il nous faut veiller toujours plus à l’accompagnement des étudiants, et notamment des étudiants les plus défavorisés économiquement. Sans cela, la spirale de l’échec risque de s’imposer : si l’on n’est pas soutenu alors qu’on doit travailler, et de longues heures chaque semaine, pour assurer sa subsistance et financer ses études, le cursus passe bientôt au second plan, et c’est le risque d’une sortie sans diplôme ni projet. Il faut donc soutenir toutes les démarches, notamment en début de cursus, permettant aux étudiants salariés de s’intégrer à l’université et de trouver un équilibre entre les études et l’activité professionnelle. S’il est un des aspects du plan Licence de 2008 qui doit être poursuivi et mis en avant, c’est bien celui-là.

 

Concernant la reconnaissance des acquis, je suis de ceux qui pensent qu’un étudiant apprend aussi beaucoup des expériences qu’il réalise pendant son cursus, mais en dehors des cours. Certes, il convient toujours de rappeler que c’est dans le cadre des enseignements de chaque formation que s’acquièrent la grande majorité des connaissances et compétences qui seront attestées par le grade et le diplôme. Mais une partie de ces compétences peut très bien aussi s’acquérir en dehors des enseignements, que ce soit dans l’implication associative ou dans une activité salariée. L’UBO a acquis depuis des décennies une expertise et une reconnaissance nationales en matière de reconnaissances des acquis : cette expertise et cette reconnaissance nous permettront à l’avenir d’étendre cette démarche aux acquis réalisés pendant les études, à travers une UE qui pourra dès 2017 être prévue à cet effet.

 

Enfin, le salariat étudiant est aussi une opportunité pour l’UBO : nous devons recruter davantage d’étudiants au titre des dispositifs permis depuis 2007, voire sur le mode du service civique. Qui mieux que l’employeur UBO peut le mieux comprendre les besoins et les contraintes d’un étudiant de l’UBO ? Qui mieux qu’un étudiant de l’UBO, quand il est formé à cette tâche, peut assurer le mieux, au côté des personnels, certaines missions utiles aux autres étudiants, comme c’est déjà le cas du tutorat pédagogique, du monitorat informatique ou dans les BU ? Il y a là de nombreuses pistes à suivre dans l’intérêt de tous, étudiants comme personnels.

 

 

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© Matthieu Gallou